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09 décembre 2008

LA MOUETTE TRIDACTYLE ( Rissa tridactyla )

DESCRIPTION :
La Mouette tridactyle est une mouette de taille moyenne, proche de celle de la rieuse, mais elle se distingue facilement de cette dernière ainsi que de tous les autres goélands et mouettes de dimension semblable par la coloration noire et uniforme de l'extrémité de son aile : on a coutume de dire qu'elle a le bout de l'aile trempée dans l'encre.
Les plumes de la tête, du ventre et de la queue sont d'un blanc éclatant alors que la coloration des plumes du dos et du dessus des ailes est grise. Le bec est d'une teinte jaune verdâtre ; au moment de la reproduction, lorsque l'oiseau l'entrouvre, apparaît l'intérieur rouge vif de la gorge. Les pattes sont courtes et noires. Sur chacune, on compte trois doigts, caractère qui a valu à cette mouette le nom de tridactyle. En hiver, chez l'adulte, apparaît une tache grise en arrière de l'oeil. Les oiseaux juvéniles sont identifiables par la marque sombre qui dessine de l'extrémité d'une aile à l'autre la lettre "M".
Les petits poissons, principalement des lançons d'une taille moyenne inférieure à dix centimètres et abondants en été à proximité des côtes, constituent ses proies favorites. Cependant, en hiver, lorsque l'aire de répartition de l'espèce est franchement océanique, les crustacés planctoniques occupent à leur tour une place importante dans l'alimentation.
MODE DE VIE :
La mouette tridactyle niche sur les façades maritimes de la Manche et de l’Atlantique, en colonies comptant quelques dizaines à quelques milliers de couples. Pour la reproduction, les mouettes tridactyles s’installent dans des falaises maritimes, mais peuvent aussi utiliser des constructions humaines (phare, digue, entrepôt). Les couples s’y établissent sur d’étroites corniches ou de simples aspérités de la roche, à flanc de falaise.
Les premiers individus commencent généralement à fréquenter les colonies au début du mois de janvier, exceptionnellement dès le mois de décembre. La fréquentation des falaises décroît en été et les colonies sont désertées pour la fin août, exceptionnellement début septembre.
La mouette tridactyle construit un nid assez volumineux, constitué d’herbes, d’algues et de terre. Les pontes commencent fin avril – début mai. La période de ponte, qui se poursuit jusqu’en juin, peut montrer de nettes variations interannuelles ou entre colonies. En cas d’échec précoce de la première tentative, une ponte de remplacement est souvent entreprise. La ponte compte 1 à 3 œufs (le plus souvent 2), que le couple couve pendant quatre semaines. L’envol des jeunes se produit vers six semaines, début juillet pour les plus précoces. Après l’envol, et avant leur départ définitif des colonies, les jeunes reviennent encore régulièrement au nid pendant une à deux semaines.
La période optimale pour le recensement des colonies est la période à laquelle on rencontre le maximum de nids construits, qu’ils soient encore vides, avec des pontes ou avec des jeunes. Cette période favorable du pic de la reproduction se situe généralement durant la première quinzaine de juin.

05 décembre 2008

LE GOELAND MARIN (Larus marinus)

Description :
Le Goéland marin fait partie de l'ordre des charadriiformes et de la famille des Laridés.
Le mâle et la femelle sont identiques. Le Goéland marin a un manteau noir ardoisé terne et l'extrémité des rémiges blanches.Sa queue et le reste du corps sont blancs. Son bec est jaune avec une tache rouge à la pointe de la mandibule inférieure et les pattes blêmes bleutées, à rosées. En hiver, ils sont comme en été, sauf que la tête et la nuque sont mouchetées verticalement de brun pâle.Leur plumage est parfait à quatre ou quelquefois cinq ans seulement.
Le Goéland marin est une force de la nature.
Tout, chez cet oiseau solidement bâti évoque la puissance : l'allure est imposante, la carrure large et massive, le bec redoutable, prompt à saisir, à déchirer ou à trancher ( chez les mâles, l'envergure égale celle du Fou de bassan). En fait, c'est le plus grand des Laridés, surpassant d'un tiers le Goéland brun dont il partage le plumage ( manteau noir et reste blanc).
En mer ou à terre, il décolle sans hâte, presque paresseusement. Son vol ramé est appuyé de battements amples et profonds. Il plane et tournoie avec majesté, s'élévant parfois à perte de vue, ou glissant d'une ascendance à l'autre.
Le Goéland marin ne s'égare que très exceptionnellement en haute mer. Celui-ci porte bien son nom puisque ses expéditions maritimes ne dépassent pas, pour la plupart, la limite des eaux côtières, et il ne s'aventure guère à l'intérieur des terres. Son terrain de chasse habituel couvre surtout le littoral et, au printemps, se concentre autour des îles et des falaises couvertes d'oiseaux.
Debout, au sommet d'un îlot ou d'un piton rocheux, bien campé, conscient de sa suprématie, il règne sur tout son territoire. Nul ne songe à lui contester la position, encore moins à lui ravir sa place.
Le Goéland marin est chasseur, pêcheur, écumeur, charognard. Tous les moyens sont bons pour satisfaire un appétit à l'échelle de sa taille et de sa force. Il est aussi un prédateur redouté par les colonies d'oiseaux de mer autour desquelles il vient roder quand la faim le démange ou qu'il doit nourrir ses jeunes. Il s'empare également des oeufs et des poussins de nombreuses espèces.
Reproduction :
En février, les couples sont déjà cantonnés et stationnent longuement sur leur territoire. Très conservateurs, s'ils n'ont pas été dérangés, les reproductions s'établissent d'année en année au même endroit. C'est de préférence près d'une colonie de Goélands argentés que le couple élit domicile pour des raisons d'approvisionnement mais aussi pour la vigilance générale.
En général, le Goéland s'octroie une position dominante, au sommet d'une île abrupte, d'un piton ou d'un gros rocher proche de la côte. Sur ce donjon imprenable, le nid ou plutôt l'aire, est édifié en avril par les deux conjoints, souvent à l'abri d'une pierre. A la mesure des oiseaux, c'est un vaste entassement constitué d'herbes sèches, de bruyère, de lichen, de mousse et d'algues mais aussi des os, des arrêtes quelques plumes et de la laine complètent l'ensemble creusé d'une coupe large.
Il pond deux ou trois oeufs avec 24 heures d'intervalle ( plus rarement un à cinq) parfois début avril , plus souvent à la fin du mois ou début mai. L'incubation dure 27 jours (26 à 28 jours) assurée par les deux adultes à partir du deuxième oeuf. A l'éclosion, les poussins pèsent de 75 à 100 grammes et atteignent 1400 g (1120- 1480) à 44 jours. Ils volent parfaitement à 7 ou 8 semaines et quittent les lieux quelques jours plus tard.
Extrait du livre de G. DIF "Les oiseaux de mer" 1982

LE GOELAND BRUN (Larus fuscus)

Description :

Le Goéland brun appartient a l'ordre des charadriiformes et à la famille des Laridés.
L'habitat du Goéland brun ne diffère pas considérablement de celui de l'Argenté. Il comprend aussi les côtes rocheuses ou basses, les estuaires, les vasières et les champs littoraux. En mer, toutefois il s'étend plus au large.
Le Goéland brun par rapport au Goéland argenté et marin s'affirme très nettement migrateur. Les reprises de sujets anglais ont montré que ces oiseaux vont hiverner sur les côtes de France d'Espagne, du Portugal et du Nord Ouest de l'Afrique. La plupart des immatures restent dans les eaux d'hivernage jusqu'à leur maturité.
Au printemps, les Goélands brun s'en retournent nicher sur les îles et îlots plat ou en pente douce, de préférence aux falaises abruptes.
Le Goéland brun adulte mâle ou femelle se caractérise : par un manteau gris ardoisé terne, mois foncé que le Goéland marin, la queue et le reste du corps sont blancs. Il a le bec jaune avec une tache rouge à la pointe de la mandibule inférieure ainsi que les pattes de couleur jaune. En hiver sa tête , son cou et la gorge sont finement striés de brun pâle. Les immatures sont comme ceux des argentés mais un peu plus foncés. Leur plumage est parfait à l'âge de quatre ans.
Ces oiseaux seraient des chasseurs plus redoutables que les Argentés.Les œufs de toutes espèces et leurs poussins sont consommés en nombre. Les champs leur fournissent un apport non négligeable, les dépôts d'ordures et les ports étant moins fréquentés.
Reproduction :
De retour de migration, les Goélands bruns arrivent sur les places de nidification en fin mars début avril. Ils s'établissent en colonies de taille variable, plutôt sur des îlots plats et herbeux que dans les falaises et roches escarpées. Dès l'arrivée, les mâles réoccupent leur territoire tandis que les femelles célibataires, en réponse aux multiples cris d'allégresse, déambulent à travers les groupes, rendant visite tour à tour à l'un ou à l'autre avant de se laisser séduire. Les couples se retrouvent d'année en année, bien qu'ils passent l'hiver loin l'un de l'autre.
Le couple édifie le nid et le compose d'herbes sèches, de mousses et d'algues ; tantôt coincé entre les rochers, tantôt complètement à découvert sur le gazon ou bien dissimulé dans la végétation, l'ouvrage est situé sur le toit d'un îlot, parmi les éboulis ou parfois sur la lande côtière.
Il peut y avoir trois œufs (79% des pontes), deux œufs (17% des pontes), un œuf (4% des pontes) et quatre œufs exceptionnellement. Ils sont pondus à deux jours d'intervalle.
Les jeunes :
Les jeunes ont un plumage identique à celui des Goélands argentés et sont également nidifuges. A 36 jours, ils pèsent 700g et volent à 7 semaines.
Extrait du livre de G. DIF "Les oiseaux de mer d'Europe" 1982

LE GOELAND ARGENTE (Larus argentatus)


DESCRIPTION :
Tout en étant baptisé le plus souvent et à tort "mouette", le Goéland argenté est sans conteste l'oiseau de mer le plus connu du grand public.
A l'âge adulte, le plumage est entièrement blanc. Seules les ailes sont recouvertes de plumes gris argenté sauf à leurs extrémités où elles sont noires. Les immatures ont un plumage gris tacheté qui les fait surnommer ""grisards". D'ailleurs, ce plumage juvénile est commun à quelques nuances près, aux différentes espèces de goéland et les rend souvent difficile à distinguer. Le bec long et puissant est comprimé latéralement. Il est de couleur jaune sauf l'angle inférieur de la mandibule où l'on distingue une tache rouge vers laquelle les poussins affamés donnent de petits coups de bec afin que l'adulte leur régurgite de la nourriture. Les pattes sont palmées et de couleur rose chair.
Les poussins du Goéland argenté ont un duvet mimétique, parfaitement adapté au milieu, gris cendré à brun taché de noir sur le dos et la tête. Les poussins sont nidifuges.
MODE DE VIE :
On peut qualifier le régime alimentaire du Goéland argenté d'opportuniste.

03 décembre 2008

LE FULMAR BOREAL (Fulmarus glacialis)



Description
Le Fulmar boréal fait donc partie de l'ordre des procellariiformes et de la famille des procellaridés. Il est facilement reconnaissable au dessus de ses ailes et à son dos grisâtres, qui contrastent avec le blanc de la gorge et de la tête. Ses ailes longues et rigides lui confèrent un vol très caractéristique et font de lui un excellent planeur, parfaitement adapté à la vie pélagique. L'œil est cerclé de noir et le bec, caractéristique des Procellariidés, possède deux narines tubulaires proéminentes sur la mandibule supérieure. Le bec, de couleur jaunâtre à presque noire, est fort et court.Il n'existe pas de variation saisonnière de plumage, ni de dimorphisme sexuel apparent, bien que le mâle ait généralement un bec plus fort. Des morphes sombres et pâles existent, et correspondent essentiellement à des variations géographiques (Cramp et al,1977). L'envergure du fulmar varie de 101 à 117 cm pour une longueur de 43 à 52 cm (Mullarney, et al, 1999), et un poids moyen de 815 g pour les mâles et 690 pour les femelles (Mougin, 1967).
Le fulmar produit des séries de sons caquetants et gutturaux, de vitesse et intensité variables selon le contexte (Cramp et al, 1977 ; Mullarney et al, 1999).
Les adultes tout comme les poussins sont capables de cracher une sécrétion stomacale huileuse et odorante, pour se défendre (Cramp et al,1977 ; Brooke, 2004).
Il s'agit de l'une des espèces d'oiseaux marins les plus abondantes de l'hémisphère nord.
Concernant les extrémités de son aire de répartition, le fulmar est signalé à 17 km du Pôle Nord, et aux alentours de 50°nord en été dans le Pacifique et l'Atlantique, et de 35° nord en hiver (Brooke, 2004). Il se reproduit des deux côtés de l'Atlantique Nord, ainsi que sur les îles de l'océan Arctique et dans le Pacifique Nord.
Population mondiale : environ 5,4 à 7,1 millions de couples (Mitchell et al, 2004)
Population en Europe : environ 2,8 à 4,4 millions de couples (Bird Life International, 2004)
Population en France : environ 1076 à 1237 couples nicheurs (Violet et Cadiou, 2003)
La population française représente une part infime des effectifs européens mais correspond à la limite méridionale de l'aire de reproduction de l'espèce (Cadiou et Lang, 2004).
Mode de vie
Le fulmar est probablement l'oiseau de mer dont la période de présence sur les colonies est la plus longue, bien qu'il ne fréquente les falaises que pour les besoins de la reproduction (Henry et Monnat, 1981). L'espèce présente une grande fidélité au site de reproduction et au partenaire (Ollason et Dunnet, 1978 ; Hatch, 1990, 1991), mais une faible filopatrie (retour des jeunes à leur colonie de naissance pour la reproduction) (Dunnet et al, 1979).
Les oiseaux commencent à occuper les sites fin octobre début novembre (Coulson et Horobin, 1972 ; Cramp et al, 1977 ; Henry et Monnat , 1981), l'arrivée étant d'autant plus précoce que la colonie est ancienne (Fisher, 1952 ; Lang, 1987, 1998 ; Slater, 1990). Les sites de ponte sont des corniches rocheuses, terreuses ou herbeuses, ou des cavités d'érosion (Henry et Monnat, 1981 ; Cadiou, 1999 ; Brooke, 2004).
Entre le début du mois de mars et le début du moi d'avril, les individus prospectent les falaises, en vue de s'y installer pour la saison de reproduction. Des individus immatures, pré-reproducteurs dont l'âge est estimé entre cinq et huit ans (Ollason et Dunnet, 1988), sont également présents à proximité des falaises, afin de prospecter des sites de reproduction et de rencontrer un partenaire pour les années futures (Coolson et Horobin, 1972). Un oeuf blanc unique est déposé directement sur le substrat durant la seconde quinzaine de mai (Dunet et al, 1963 ; Mougin, 1967 ; Hatch, 1987). Les deux parents couvent alternativement durant les 49 jours d'incubation (Mougin, 1967) et se relaient pour nourrir le poussin durant la période d'élevage. L'envol des jeunes se produit entre fin août et mi-septembre (Cadiou, 1999). Durant la période inter nuptiale, les adultes restent à quelques centaines de kilomètres des côtes. Les jeunes se dispersent sur tout l'Atlantique Nord et passent les premières années de leur existence en haute mer, avant de revenir progressivement vers les colonies (Cramp et al, 1977 ; Cadiou, 1999).
Extrait du rapport de stage (Master SET) rédigé par Gaëlle VIVES intitulé : optimisation d'un protocole de suivi : cas de la reproduction du Fulmar boréal (Fulmarus glacialis)

COMMENT SONT ORGANISEES LES ESPECES ?

Tous les oiseaux sont classifiés par un ordre, une famille et une espèce. Ici deux ordres nous interressent : les procellariiformes et les charadriiformes. Nous entrerons un peu plus tard dans le détail concernant la famille et l'espèce.
Les procellariiformes sont les oiseaux carinates, marins et palmipèdes (albatros, pétrels). C'est à cet ordre qu'appartient le Fulmar boréal (Fulmarus glacialis).
Les charadriiformes sont des oiseaux aux pattes longues et au bec effilé qui vivent dans des lieux marécageux comme les Goélands et les Mouettes.