10 mai 2018

Tueurs de phoques : récompense de 10 000 euros à qui donnera des infos...

ENQUÊTE

Tueurs de phoques: récompense de 10 000 euros à qui donnera des

infos.

Un des deux phoques retrouvés mort le 6 mai sur la plage du Touquet.  photo GDEAM-62
Un des deux phoques retrouvés mort le 6 mai sur la plage du Touquet. photo GDEAM-62 - photo GDEAM-62
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rois phoques tués et beaucoup de soupçons, sur fond de querelles de chiffres et de luttes d’influence entre associations écologistes et de pêcheurs amateurs. Deux des animaux ont été criblés de plombs, le troisième présentait des signes d’asphyxie. Le problème, c’est que les enquêteurs n’ont que peu d’éléments, bien qu’ils aient reçu un soutien plutôt original, celui de l’association Sea Shepherd.

« Il n’y a pas d’autre collectif anti-phoques
que dans cette région.
Ça mérite qu’on s’interroge, même si on ne peut rien prouver »
Lamya Essemlali,
présidente de Sea Shepherd France

Celle-ci, qui s’est notamment fait connaître pour le harcèlement naval qu’elle mène auprès des baleiniers, s’est immédiatement intéressée à ces phoques abattus, au point de proposer 5 000 euros de récompense pour toute information menant à l’arrestation du tueur du premier phoque, à Oye-Plage, en janvier dernier.
Mais l’appât du gain n’a pas suffi à éclaircir le mystère, comme l’explique la présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali : « On a bien reçu quelques informations suite à notre offre, mais rien de vérifiable ou de très probant… Surtout des petits règlements de compte. » Dans le cas du premier phoque abattu, elle s’attend d’ailleurs à ce que l’enquête soit bientôt classée sans suite.

10 000 euros pour une info… valable

Mais Sea Shepherd n’a aucune intention de laisser couler, bien au contraire : « On va se pencher davantage sur le problème, d’autant qu’il y en a peut-être plus que ces trois cas précis. On ne retrouve pas tous les corps, et il n’y a pas toujours d’autopsie. Mais à notre connaissance, on n’a pas de cas similaires de phoques abattus à coups de plombs, sur les côtes françaises. C’est vraiment spécifique au littoral du Nord. » Ce qui l’amène naturellement à soupçonner une de leurs bêtes noires, les membres du comité anti-phoques, qui sont une autre spécificité de notre littoral… « En France, il n’y a pas d’autre collectif anti-phoques que dans cette région. Ça mérite qu’on s’interroge, même si on ne peut rien prouver. » Et elle annonce que non seulement Sea Shepherd va porter plainte, comme l’a déjà fait le groupement pour la défense de l’environnement de Montreuil et du Pas-de-Calais (GDEAM-62), dont les membres avaient découvert les deux phoques tués le 6 mai. Mais aussi que Sea Shepherd va doubler la récompense promise à d’éventuels informateurs permettant d’aider l’enquête : elle passe à 10 000 euros…
Fabrice Gosselin, président du comité anti-phoques et des pêcheurs à pied de la côte d’Opale, n’a pas vraiment de relations avec Sea Scheppherd, mais d’autres associations se sont chargées d’émettre les mêmes soupçons envers son collectif : « Quand on a ouvert un site internet pour le collectif anti-phoques, on a vite renoncé : on se faisait insulter par des écolos de partout, jusqu’à Strasbourg ! Mais on n’est pas des tueurs sanguinaires, comme certains essayent de le faire croire. Un pêcheur, c’est d’abord un écologiste ! On est les premiers à dénoncer la pollution et les chaluts électriques… »
Mais aussi, c’est vrai, la prolifération des phoques et cormorans et leur impact sur la ressource halieutique : «  Le rapport éco-phoque est entièrement fait par les écologistes, qui essayent de faire croire qu’il n’y a qu’une vingtaine de phoques en baie de Canche, alors qu’ils sont plus d’une cinquantaine… Ils ne sont plus en voie de disparition depuis deux ans, par contre, pour ce qui est des poissons ou des crevettes grises… C’est une vraie catastrophe qui est en cours ! On a fait quelques concours de pêche récemment, c’était de l’ordre de deux poissons attrapés pour 50 participants… »

« Mais on n’est pas des tueurs sanguinaires, comme certains essayent de le faire croire »
Fabrice Gosselin,
président du comité anti-phoques

Et qu’on ne lui parle pas de la surpêche : « Rien à voir, nous, on fait une pêche de côte, aléatoire. Les gens, dans le milieu de la pêche amateur, sont désabusés, écœurés. » Mais il ne pense pas pour autant qu’un de ces « désabusés » ait pu fusiller un phoque à bout portant : « Je ne vois pas du tout l’un d’entre nous se balader avec un fusil -surtout hors période de chasse- pour s’en servir contre un phoque. Et puis il y a la chronologie, qu’on trouve curieuse : à chaque fois qu’un article de presse parle de nous, dans les quinze jours qui suivent on retrouve des phoques tués… »

Un juste milieu introuvable

Le collectif plaide toujours pour la mise en place d’une régulation de la population des phoques et prépare un courrier au président de la République en ce sens. « En Écosse, ils autorisent la régulation des phoques à proximité des élevages de saumon, et ils ne sont pas en voie de disparition… On veut juste trouver un juste milieu. » Pas sûr que cela n’apaise les soupçons de Sea Shepherd, au contraire, car la lutte contre cette régulation a justement été une des batailles de l’association : « On a fait une grosse campagne en Grande-Bretagne contre l’abattage des phoques à proximité des élevages de saumons. Les éleveurs avaient une dérogation, mais on s’était aperçus qu’ils avaient le tir «préventif» facile… », raconte Lamya Essemlali.
Article extrait du journal Nord Littoral du 10/05/2018

1 commentaire:

  1. quand les sombres idiots ne connaissent que les sévices ...

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